Histoires farfelues !

Il est des livres étranges écrits par des auteurs curieux, parfois adaptés au cinéma par des réalisateurs encore plus loufoques. C’est le cas du livre de Seth Grahame-Smith Abraham Lincoln, vampire hunter qui va être porté à l’écran par Tim Burton. Les droits viennent d’être acquis par la Fox, a-t-on appris lundi 3 octobre.


L’auteur américain écrira le scénario de l’adaptation. Mais ce n’est pas la première fois que le cinéma s’intéresse à ses romans. En 2009, Seth Grahame-Smith avait déjà signé un livre aux côtés… de Jane Austen : Pride and Prejudice and Zombies. Si l’auteur ne réveille pas les morts – il a simplement repris le texte orignal et rajouté certaines péripéties – il a transformé l’héroïne, Elisabeth Bennett, en chasseur de zombies. L’histoire devrait elle aussi être mise sur grand écran.


Une étrange idée que de réécrire un classique de la littérature britannique ! Pas tant que ça finalement. Outre-manche, cette initiative n’est pas isolée. En 2009, un autre auteur, Ben H. Winters, s’est réapproprié une autre œuvre de Jane Austen : Sense and Sensibility and Sea Monsters. Les sœurs Brontë, auteures classiques de la littérature anglaise s'il en est, n’ont pas été épargnées par ce phénomène. Ainsi, entre les mains de Sherri Browning Erwin, Jane Eyre est devenue Jane Slayre.


Que des auteures chefs de file de la littérature gothique anglaise inspirent ce genre de réécriture, finalement, n’étonne que peu. Leurs récits donnent souvent froid dans le dos. Mais au fil des années, ces histoires n’ont plus paru assez glauques à côté des nouveaux films et livres noirs, il fallait donc y rajouter du fantastique. Un procédé qui peut faire polémique, notamment au niveau des droits d’auteurs, mais qui reste assez amusant pour peu qu’on ne soit pas de l’Académie française !


Mais il n’y a pas que les romans qui sont réécrits, l’Histoire l'est aussi ! Ainsi Seth Grahame-Smith avec son Abraham Lincoln, vampire hunter ! L’histoire anglaise n’est pas épargnée. En 2009, A.E. Moorat a grimé la reine Victoria en chasseur de démon dans Queen Victoria: Demon Hunter.


En 2010, il a réécrit l’histoire d’Henry VIII et de ses trois de ses femmes dans Henry VIII, Wolfman. Il s’agit ici, moins de réécrire l’histoire que d’expliquer les événements par des biais moins conventionnels. Henry VIII serait bien tombé amoureux d’Anne Boleyn, mais il ne l’aurait pas exécuté pour trahison, comprenez adultère mais cela revenait au même juridiquement. Henry et elle auraient été tous les deux des loups-garous. Mais dans un remake chamboulé de la belle et la bête, Anne Boleyn était un loup garou cruel qui voulait faire triompher le règne des bêtes sur la terre des hommes. En revanche, Henry VIII, lui, refusait de céder à ses instincts bestiaux. Pour protéger les humains, il a donc fait exécuter Anne Boleyn. Tout s’explique !


Depuis toujours nous savions que les charges contre la deuxième épouse du roi étaient un peu tirées par les cheveux, grâce à Moorat…elles le sont plus encore. Mais l’auteur va plus loin. Henry VIII éprouvant de grandes difficultés à rester un bon loup garou, un soir de pleine lune, il n'en peut plus et cède à ses instincts. On a vous appris que Jane Seymour était morte en couche et par manque de soin? Eh bien non ! C’est le roi qui l’a dévoré ! Evidemment !

 

Dans ce roman, Thomas More aurait même inventé le concept de la rock star orchestrant sa mort ! Comme Mickael Jackson, Marylin ou Elvis, le philosophe ne serait pas mort sur l’échafaud. Il n’aurait d’ailleurs pas été condamné pour avoir refusé la réforme d’Henry VIII, mais plutôt pour avoir retourné une droite à Anne Boleyn. L'auteur d'Utopia n'aimait ni les 'hérétiques' ni les loups-garous. Au lieu d'être décapité, il se serait enfui en France, aidé par ses bourreaux, des chasseurs de sorcières.


Dans la même veine, un autre genre s’est frayé son chemin ; la fausse autobiographie voire le faux journal intime. Ainsi Margaret George a écrit la biographie autobiographique – vous suivez ? – d’Henry VIII (The autbiography of Henry VIII), agrémentée des notes de son fou, Will Somers ! (Elle a aussi rédigé les ‘’mémoires de Cléopâtre’’).


Comme pour répondre à l’autobiographie du roi - dans laquelle il explique notamment la mise à mort de ses seconde et cinquième épouses par une sensibilité à fleur de peau - Robin Maxwell a écrit The secret diary of Anne Boleyn. L’auteur alterne récits à la première et à la troisième personne du singulier. Une ancienne dame de compagnie d’Anne Boleyn aurait été chargée par celle-ci de transmettre son cahier à sa fille. Tâche qu’elle s’empresse d’accomplir dès qu’Elisabeth est devenue reine. La lecture du journal de sa mère, qu’elle a si peu connu et dont elle entendu tant de mal, explique ainsi certaines des colères mémorables auxquelles la souveraine avait habituée sa cour.


Si les romans français ont quasiment tous aujourd’hui une tendance autobiographique - certains disent ‘’narcissiques’’ - ce genre de romans anglo-saxons les contrebalance avec délice. Sauf à penser qu’oser signer un ouvrage aux côtés de Jane Austen ou Charlotte Brontë est aussi narcissique. Mais les Français ne sont jamais contents dit-on. La preuve, lorsque le château de Versailles s’entiche d’art moderne, les polémiques explosent. Alors qui osera écrire Louis XVI, mort-vivant ?

 

 

 

 

 

 

 

mbillon@france24.com

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